Publié le 15 janvier 2017 – Auteur : Coline Mionnet
Suisse: le projet du Parc Adula rejeté par référendum
Pour valider ce projet de création d’un grand parc national, à cheval sur les cantons du Tessin et des Grisons, les habitants des 17 communes concernées se sont exprimés en novembre 2016 par voie référendaire, comme il est d’usage dans la Confédération Helvétique pour toutes les décisions importantes.

Le verdict des urnes, 8 communes favorable alors qu’il en fallait 13 pour adopter le projet, est surprenant et pose la question générale de l’acceptabilité par les habitants de certaines restrictions de libertés dans les grands projets de protection de l’environnement.
L’association Pro Natura, principal porteur du projet depuis 16 ans, ne cache pas sa déception et son incompréhension devant un rejet aussi massif.
“On ne veut pas sacrifier notre libertĂ©”
Les villageois des territoires concernés, en particulier ceux du cœur du parc, se sont inquiétés de voir leurs libertés, sur leur propre territoire, restreintes par les règles imposées par les 400 pages de la charte du parc, établie conjointement entre les associations environnementales, les élus et les artisans du territoire.
Cette charte imposait, au cœur du parc, des contraintes qui heurtaient frontalement les habitudes et des traditions des habitants, parmi lesquelles :
Interdiction de chasser, de pêcher, de pratiquer la cueillette, mais également de marcher en dehors des chemins balisés, de ramasser des pierres, …
Quand aux agriculteurs, ils ne voient pas d’un bon oeil les restrictions de pâturages inscrites dans la charte.
Certains habitants craignent Ă©galement de se voir considĂ©rĂ©s par les visiteurs comme des “indigènes”, objets de condescendance ou de curiositĂ©.
Enfin, beaucoup sont réticents à laisser à des bureaucrates bernois, ignorant parfois des réalités de leur vie rustique dans ces territoires isolés, édicter des règlements qui les régenteraient.

Les jeunes désertent la région
Pourtant, cette région à l’écart des grandes voies de communication de la Confédération se meurt, les jeunes s’exilent par manque d’emploi et de distraction, et seules subsistent quelques activités agricoles et artisanales.
La fréquentation touristique est faible du fait de l’isolement de la région, des difficultés d’accès, d’absence de station de sports d’hiver et de capacités d’hébergement.
Isolationnisme villageois
Une majoritĂ© d’habitants a prĂ©fĂ©rĂ© s’accrocher Ă leur vie paisible et renoncer aux 3 millions de Francs Suisses de subventions fĂ©dĂ©rales annuels, Ă des promesses de dĂ©veloppement Ă©conomique et Ă l’ouverture de leur territoire aux visiteurs “Ă©trangers”, Ă l’image de l’état d’esprit qui prĂ©domine depuis quelques annĂ©es en Europe, le renfermement sur soi.



